Retour sur la 3ème session ordinaire du conseil municipal qui s’est tenue ce vendredi 12 avril 2019 en mairie, au cours de laquelle ont été adoptés à l’unanimité le compte administratif et le budget primitif.

Retrouvez ci-dessous le discours du maire dans son intégralité :

Mesdames et Messieurs,
Le vote du compte administratif et celui du budget primitif, moments importants dans le calendrier budgétaire, se déroulent aujourd’hui dans un contexte difficile mais ouvrant de véritables défis. Il me semble nécessaire de mettre à profit ce temps de discussion, pour analyser au mieux le contexte budgétaire de la Ville de Sainte-Anne afin d’en déduire la stratégie la plus efficace.
Dans un premier temps, je souhaiterais m’arrêter sur l’origine de ce déficit. C’est un rappel nécessaire à la compréhension de la situation actuelle.
Il m’apparaît essentiel de souligner que suite au contrôle du compte administratif 2014 réalisé par la Chambre régionale des comptes, le déficit atteignait 6,9 millions d’euros.
Les erreurs de gestion commises par l’ancien Maire ont contribué à dégrader ostensiblement et durablement les finances de la Ville : acquisition d’un voilier de course sur des fonds communaux, déploiement couteux d’un réseau numérique très haut débit, recours à des emprunts quasiment chaque année, absence totale de comptabilité d’engagement, pour ne citer que ces exemples.
Les écoles, dans leur grande majorité étaient dans un état catastrophique, ce qui mettait les élèves en véritable danger :

  • des sanitaires insalubres,
  • des cours de récréation dangereuses,
  • un manque de matériels informatiques, pédagogiques,
  • un mobilier vétuste et dégradé,
  • des réfectoires qui n’en avaient que le nom,
  • des sorties pédagogiques inexistantes.

C’est dire que l’éducation prévue dans les programmes ne pouvait se faire correctement dans de telles circonstances !
Quant aux bâtiments publics, ceux-ci étaient vieillissants, souffrant de nombreux problèmes dus à l’étanchéité. De nombreuses routes étaient devenues impraticables et le réseau d’éclairage public n’était pas conforme aux normes en vigueur et de fait, était énergivore donc coûteux pour les finances de la Ville.
Les errements de l’ancien maire représentent un héritage lourd, à l’origine de toutes les difficultés financières que nous rencontrons, mon équipe et moi-même, depuis notre arrivée en 2014.

Ce constat m’a amené à prendre des mesures drastiques. J’ai ainsi fait le choix, et je l’assume, d’investir plus de 6 millions d’euros dans ces chantiers essentiels à la sécurité de la population saintannaise, au détriment d’un retour à l’équilibre en 2020.
Ce choix a été dicté par le bon sens et la sagesse.

Nous avons pris à bras le corps la question de l’éducation : 522 000 euros ont été réalisé en 2015, 928 000 euros en 2016, et 390 000 euros en 2017, c’est près de 2 millions d’euros investis en matière de politique éducative, sans compter les matériels pédagogiques et les aides aux associations qui intervenaient dans les écoles !

Parallèlement, j’ai engagé un vaste programme de réfection des routes communales et procéder à la rénovation de l’éclairage public.
Ce déficit a quand même été réduit, grâce à nos efforts de gestion, de près de moitié : nous avons procédé à l’augmentation des impôts en 2016, renégocié la dette, réduit le train de vie de la collectivité pour ne citer que ces mesures.
Le déficit s’établit aujourd’hui à 3 300 000 euros environ.
Cependant, je ne sous-estime pas la gravité de la situation financière de la Ville, dont la gestion va devenir de plus en plus complexe.
Le transfert à la Communauté d’agglomération la Riviera du Levant (CARL) de la compétence « promotion du tourisme » et ainsi de la perte de la taxe de séjour, la suppression de la taxe d’habitation, la perte de produit fiscal auront un fort impact sur le budget primitif 2019 dont le déséquilibre atteint près de 5 millions d’euros.
Cela représente une perte évaluée à 600 000 euros de recettes !
Le déficit de fonctionnement du compte administratif 2018 et singulièrement le dépassement des crédits relatifs aux charges de personnel me conforte dans l’idée qu’il est indispensable aujourd’hui de changer de paradigme :

  • d’exiger que l’administration ait une culture de la performance, culture nécessaire pour redresser rapidement la situation financière et obtenir des résultats tangibles. Ainsi, les cadres devront être force de propositions et faire preuve d’anticipation. Il leur sera impérativement demandé de constituer des outils fiables de pilotage pour leur direction, afin d’éviter des erreurs pouvant avoir des répercussions lourdes pour la Ville. Par ailleurs, je procéderai à 3 recrutements de cadres A en 2019, choisi non seulement pour leur expertise dans leurs domaines respectifs de compétences mais également pour leur connaissance dans la conduite des projets transversaux,
  • un organigramme remanié devra m’être proposé par la Directrice générale des services dans un an, qui devra être un véritable outil d’optimisation et d’efficacité,
  • aucun dépassement de budget ne sera possible, le suivi des consommations sera effectué avec la plus grande rigueur,
  • la mise en place d’un service « achat » sera une priorité, afin de réduire les coûts,
  • tous les projets d’investissement devront être entièrement financés sans mobiliser les fonds propres de la ville,
  • le bateau sera vendu au plus tôt afin d’apporter des recettes à la Ville,
  • une réflexion sera engagée et des négociations seront menées afin de procéder au transfert du réseau haut débit.

Cette stratégie, toujours dictée par le bon sens et la sagesse, est à conduire ensemble et sera décisive pour la Ville.
Elle vise à poursuivre la réduction du déficit et à retrouver à terme l’équilibre. Elle a également pour objectif de retrouver de l’épargne permettant d’investir dans des projets structurant qui auront pour finalité de rendre la ville attractive et d’améliorer la qualité des services publics.
Par conséquent, un certain nombre d’études sont inscrites au budget primitif 2019 visant à faire émerger de grands projets tels :

  • le réaménagement du port de pêche et la création d’un port exemplaire,
  • l’aménagement et la valorisation du centre bourg,
  • la construction du Pôle administratif « Marcelin Lubeth »,
  • la construction du complexe de Gissac,
  • et enfin, la construction du groupe scolaire de Chateaubrun qui s’inscrit dans le cadre du plan séisme Antilles visant à accueillir des scolaires provenant d’écoles vulnérables au risque sismique.

Nous devons répondre aux attentes des administrés et doter notre ville de services dignes du 21ème siècle, tout en gardant à l’esprit qu’une gestion sage et raisonnée est nécessaire.
Vous l’avez compris, je redoublerais d’efforts afin que mon équipe et moi-même, puissions relever ces défis, dans un esprit de responsabilité vis à vis de la population qui nous a fait confiance.

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