Avec ses 25.000 habitants, ses 80km2 et ses quelques kilomètres de littoral, Sainte-Anne reste pour beaucoup une carte postale, une destination, un rêve, un joyau.
Pourtant, ce littoral se trouve confronté au changement climatique et à l’érosion qui en est une des conséquences.
En 2011, la dernière étude conduite par le BRGM, la Région Guadeloupe et la DEAL dresse pour Sainte- Anne un constat sans appel.
La plage du bourg, poumon économique et touristique de la ville recule de 120 mètres de 1955 à 2010.

Ségolène Royal, la Ministre de l’Environnement, de l’Écologie et de la Mer, en charge des Relations internationales sur le climat était de passage à Sainte-Anne, lundi 13 mars 2017, à l’occasion de sa visite officielle en Guadeloupe.

Une visite ô combien importante pour l’équipe municipale, quand on sait que la Ville de Sainte-Anne est confrontée depuis plusieurs décennies au phénomène d’érosion qui impacte l’ensemble du littoral saintannais.
Conscient des enjeux liés à ce phénomène, Christian Baptiste, le maire de la Ville de Sainte-Anne, qui avait déjà saisi par courrier le ministère de l’Environnement, s’est engagé dans une démarche globale pour mettre en place une stratégie partagée de préservation du littoral.
"Dans une logique d’adaptabilité de la réponse politique et de réactivité face au changement climatique, il me semble opportun de travailler ensemble dans une démarche globale concertée, en vue de mettre en place des volets d’actions complémentaires et d’apporter des réponses permettant de stopper ou de limiter le phénomène, via la stabilisation de la bande sableuse. Aujourd’hui, plus que jamais il est donc important pour nous d’insister sur les questions liées au phénomène d’érosion de la plage du bourg, ainsi que sur la démarche engagée par la municipalité afin d’endiguer ce phénomène" a souligné le maire.
Pour y répondre, l’action communale s’est donc concrétisée par la démarche globale ci après :

  • en juin 2016, par la signature d’une convention de gestion avec l’Etat. Le Maire est devenu un acteur légitime de l’aménagement de proximité du littoral.
  • en octobre 2016 par la réalisation d’un diagnostic sanitaire et mécanique des arbres présents sur la plage via un expert arbre, conseil de l’Office National des Fôrets. L’objectif étant d’optimiser durablement la gestion quantitative et qualitative de la végétation et d’intervenir le plus judicieusement possible (tailles et abattages de sécurité).
  • entre novembre 2016 et février 2017, par le lancement d’une collaboration spécifique entre un consortium de partenaires (université des Antilles, Météo France, BRGM et université de Montpellier 3) et la ville dans le cadre du projet C3AF ("Changement Climatique et Conséquences dans les Antilles Françaises") financé par la Région Guadeloupe et le FEDER/FSE. Le C3AF a pour objectif d’évaluer et d’apporter des réponses opérationnelles aux conséquences du changement climatique à l’échelle de notre territoire.
  • en janvier 2017, en vue de répondre à l’urgence de la situation et face à sa cinétique galopante, par sollicitation de l’accompagnement technique et financier du Ministère de l’environnement pour l’installation sur la plage du bourg d’un système réversible dit Stabiplage®, dispositif éprouvé (en Guadeloupe plage de Pierre et Vacances, en Martinique plage de Rivière Pilote) contre l’érosion qui après une étude préalable pourrait être une solution à court terme. Après l’intervention du maire, la ministre a déclaré : "Nous avons regardé très attentivement le cas de la plage du bourg. Nous contribuerons aux travaux. Il s’agira également de prendre des enseignements du dispositf Stabiplage et de mobiliser l’expertise technique du CEREMA". Cette visite a apporté son lot de satisfaction grâce notamment au financement d’une étude visant à trouver des solutions pour freiner l’érosion qui impacte le littoral saintannais et plus spécifiquement la plage du bourg.

Ségolène Royal a profité de l’occasion pour rendre public la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte- Programme d’actions 2017-2019. "C’est vous dire à quel point la préoccupation qui est la vôtre, est également la mienne. Sainte-Anne fera partie de cette stratégie" a-t-elle ajouté.
Selon la ministre, il est apparu indispensable d’appréhender différemment l’aménagement des territoires littoraux pour mieux prendre en compte ces évolutions.
Enfin, la ministre a pu constater de visu l’impact de l’érosion en se rendant sur la plage du Bourg.


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